« On aimerait impliquer nos équipes dans nos vidéos internes, mais on n’a pas le temps de gérer ça en plus. »
On l’entend souvent autour de nous à Witty.
Elle traduit une tension bien réelle : la co-création interne séduit sur le papier, mais elle inquiète dès qu’il s’agit de la mettre en place. On imagine des plannings à caser, des équipes à convaincre, un service com qui doit tout coordonner en plus de sa propre mission.
Alors, par prudence, on renonce. On revient à un format classique, descendant, plus simple à produire, mais aussi bien moins incarné.
La co-création vidéo ne doit pas être une charge supplémentaire. Bien pensée, elle ne complexifie pas la fabrication, au contraire elle répartie la charge pour simplifier l’effort.
Dans cet article, on vous montre comment associer vos équipes à vos vidéos internes sans transformer votre service com en agence de production à temps plein.
Ce que cette crainte révèle vraiment
Cette réticence n’est pas infondée. Coordonner plusieurs personnes prend, en apparence, plus de temps que de tout gérer soi-même. Un service com déjà sollicité de toutes parts n’a pas de marge pour improviser un nouveau processus.
Cette peur repose pourtant souvent sur une confusion : co-créer ne veut pas dire tout déléguer.
On imagine la co-création comme une perte de contrôle, une organisation où chacun filme un peu, monte un peu, décide un peu, sans cadre commun. C’est cette image-là qui fait peur, à juste titre. Une vidéo sans pilote devient vite chronophage et difficile à exploiter.
La co-création bien pensée fonctionne pourtant à l’inverse : elle garde un pilote clair, le service com, et confie aux équipes une contribution ciblée, courte, et bornée dans le temps
Cette peur oublie aussi un autre aspect : pour les collaborateurs et collaboratrices sollicités, participer à un projet vidéo, c’est sortir un instant de son quotidien. Beaucoup y trouvent une vraie appétence, l’occasion de contribuer à quelque chose de différent, loin de leurs tâches habituelles.
La vraie question n’est donc pas « avons-nous le temps de co-créer ? » mais : quelle petite part de la fabrication peut-on confier à nos équipes, sans perdre la main sur l’ensemble ?
Pourquoi la co-création change vraiment la donne
Une vidéo pensée et tournée uniquement par le service com, aussi qualitative soit-elle, reste une vidéo qui parle de l’équipe. Une vidéo co-créée, elle, parle avec l’équipe, cela change plusieurs choses.
Elle gagne en légitimité.
Un collaborateur qui raconte son propre projet, avec ses mots, est toujours plus crédible qu’une voix off qui le raconte à sa place. Le message n’est plus seulement transmis, il est incarné par celui qui le vit.
Elle crée de l’appropriation.
Les équipes qui ont contribué ne regardent pas le résultat final de la même façon. Elles s’y reconnaissent, elles le partagent plus volontiers, elles le défendent auprès de leurs collègues.
Elle ouvre sur une diversité de regards.
Le service com apporte une vision transverse et une méthode. Les équipes terrain apportent leur vécu quotidien et le détail juste, celui qu’on ne perçoit qu’en le vivant. Deux regards complémentaires, rarement réunis dans un même contenu.
Elle crée du lien en coulisses, avant la diffusion.
Co-créer, c’est souvent l’occasion de croiser des collègues et des métiers qu’on connaît peu au quotidien. La fabrication de la vidéo devient, elle-même, un moment de rencontre entre services qui se côtoient peu.
La co-création ne remplace pas l’expertise du service com, elle la complète.
Ce qui bloque, en réalité
Avant de proposer une méthode, il faut nommer les freins honnêtement. Ce sont eux qui expliquent pourquoi tant d’entreprises restent sur un format uniquement descendant.
→ La peur du temps perdu. Coordonner plusieurs personnes semble, à première vue, plus lourd que de tout faire soi-même. C’est le frein le plus cité, et le plus facile à lever avec un cadrage clair.
→ Le manque de compétences techniques. Les équipes ne savent pas filmer, cadrer, monter. Elles craignent de mal faire, ou de livrer une matière inexploitable. Là aussi un process clair avec des recommandations permet de guider les équipes sur la production.
→ La crainte de perdre en qualité. Un contenu produit à plusieurs mains peut sembler moins maîtrisé, moins cohérent avec l’image que l’entreprise souhaite donner.
→ L’absence de méthode claire. Sans cadre, la co-création devient vite confuse : qui décide du message, qui filme, qui valide le résultat final ? Cette question sans réponse suffit, à elle seule, à décourager le projet avant même qu’il commence.
Ces freins sont réels. Aucun ne se résout avec plus de moyens. Ils se résolvent avec une méthode simple et partagé à tous.
Une méthode en 5 étapes pour co-créer sans alourdir
1.
Réserver un créneau court avec un objectif clair, pas une plage floue
Ne demandez pas aux équipes de « trouver du temps ». Proposez-leur un créneau précis, environ 1 heure, calé en amont avec leur manager. Une contribution bornée dans le temps rassure : ce n’est pas une charge ouverte qui vient s’ajouter à l’agenda, c’est un rendez-vous ponctuel et identifié.
2.
Cadrer avant de déléguer
Co-créer ne veut pas dire « laisser les équipes se débrouiller ». Cela commence par un cadrage court : un message clé, un format, une durée, quelques consignes simples de tournage (lumière, son, cadrage). Ce cadrage prend une demi-heure. Il évite des heures de rattrapage.
3.
Confier un rôle précis, pas une mission floue
Un collaborateur n’est pas un réalisateur, et il n’a pas à l’être. Donnez-lui un rôle simple et borné : raconter son quotidien face caméra, filmer trois plans de son poste de travail, répondre à une question précise. Plus le rôle est précis, plus la contribution est facile, et plus le résultat est exploitable.
4.
Garder la main sur le montage
La co-création se joue à la captation, pas nécessairement au montage. Les équipes filment ou témoignent, le service com structure et assemble. Cela préserve la cohérence éditoriale et l’identité visuelle sans alourdir la charge des équipes terrain.
5.
Regrouper les tournages
Comme pour tout format vidéo léger, une session de captation bien préparée peut couvrir plusieurs contributions le même jour, dans le même service. Un après-midi suffit souvent à récolter la matière de plusieurs mois de contenus.
Ce que cela donne concrètement
Cette logique de co-création, on la retrouve dans beaucoup de projets, vidéo ou photo, dès qu’on cherche à donner la parole aux personnes concernées plutôt qu’à parler en leur nom.
Sur un projet de présentation de service, par exemple, on cherche à réunir une diversité de métiers dans la co-création. Chaque personne apporte sa propre vision du service, et c’est cette diversité de points de vue qui permet de construire une histoire fidèle à l’objectif du projet, mais aussi à la réalité vécue sur le terrain.
Sur un portrait collaborateur avec voix off, la logique est différente mais le principe reste le même. Il est essentiel de recueillir la parole de la personne avant de construire la voix off ou le discours qui l’accompagne. Le discours final colle ainsi au plus près de la personne, de son métier ou de son projet, plutôt que d’être plaqué a posteriori.
Le principe reste le même d’un projet à l’autre : la structure, le cadrage, les questions posées viennent d’un regard extérieur qui maîtrise la méthode. La parole, elle, appartient toujours à celui ou celle qui vit la situation.
Cette logique fonctionne aussi bien pour une interview simple, avec un seul collaborateur, que pour un projet impliquant plusieurs équipes. Seule l’échelle du cadrage change, pas la méthode.
C’est exactement cette logique qui s’applique à la co-création vidéo interne : le service com apporte la méthode et le cadre, les équipes apportent la voix et le vécu.
Une charge qui se partage, pas qui s’ajoute
Co-créer, ce n’est pas demander plus de travail à ses équipes. C’est déplacer une partie de l’effort de production vers une contribution courte et ciblée, tout en gardant la maîtrise éditoriale du côté du service com.
Ce n’est pas non plus un pari sur la qualité. Avec un cadrage clair, un rôle précis et un créneau identifié, la co-création n’alourdit pas la fabrication. Elle la rend simplement plus incarnée, et plus proche de ceux qui vivent l’entreprise au quotidien. Le déploiement en sera bien plus impactant.
Cette méthode peut se mener entièrement en interne, ou s’appuyer sur une agence pour construire le projet, cadrer les tournages et assurer le montage.
Alors la question n’est pas « avons-nous le temps de co-créer ? » mais : quelle petite part de la fabrication pouvons-nous confier à nos équipes, dès la prochaine vidéo ?
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